Troubles de l’humeur d’ailleurs : pardon d’être là

Au Japon le « Taijin kyofusho », c’est être persuadé d’être gênant pour les autres.

On parle ici d’une peur extrême et paralysante. La victime de cette phobie sociale est terrorisée à l’idée d’être, par sa simple présence corporelle, embarrassante pour autrui, soit par une odeur désagréable, soit par une difformité physique.

Aussi, la victime se surveille constamment, jusque dans les moindre détails en surveillant tout autant les plus petites réactions des autres pour y détecter des signes de gêne.

Source: Troubles psychiatriques et différences culturelles – Medscape – 19 déc 2014

Troubles de l’humeur d’ailleurs : Le mal vient des autres

Dans la culture des communautés Haïtiennes, il y a une maladie qui s’appelle le « Maladi Moun », c’est-à-dire « Le mal provoqué par autrui ».

Cet état se manifeste chez la victime par différents symptômes comme ceux d’une psychose, une dépression, ou plus simplement des difficultés socioéconomiques.

C’est la caractéristique soudaine et brusque des symptômes qui permet le « diagnostique » culturel : Une personne malveillante a jeté un sort.

Pour ceux qui se poseraient la question: Oui, c’est aussi à Haïti qu’il y a une forte culture du Vaudou…[https://fr.wikipedia.org/wiki/Vaudou]

 

Source :  Troubles psychiatriques et différences culturelles – Medscape – 19 déc 2014.

Troubles de l’humeur d’ailleurs : Penser trop …

Au Zimbabwe, « penser trop » se dit « Kufungisia ».

Le « Kufungisia » est un état d’anxiété et de dépression. Plus que cela, il s’agit d’un véritable état de détresse qui selon la population locale (les Shonas), survient quand la personne réfléchit trop, dans un contexte de « difficultés économiques ou conjugales ».

« Il semble que j’ai un « Kufungisia » , mais je préfère ne pas y penser. »

Au delà du côté folklorique que cela peu avoir en l’évoquant avec légèreté, on parle ici d’un trouble qui fait partie du DSM-5 .

Source :  Troubles psychiatriques et différences culturelles – Medscape – 19 déc 2014.

Caractère solitaire ? C’est peut-être dans les gènes

Se replier sur soi-même, fuir les relations sociales (hors COVID), ou se retrouver systématiquement isolé sans raison apparente, le tempérament solitaire est multi-facettes et souvent lié à la dépression.

Dans l’étude de Felix R.Day – Elucidating the genetic basis of social interaction and isolation (2018)   , c’est une base de données de 500 000 personnes qui a permis d’identifier des gènes associés soit à des caractères hyper-sociables, soit des gènes associés à des personnalités solitaires.

Puis, ils ont fait l’inverse: chercher les personnes qui expriment ces gènes et vérifier leur tempérament , ce qui fut exact dans 98% des cas.

Plus que cela, cela leur a aussi permis de découvrir une corrélation de la solitude avec les risques d’obésité et de dépression.

Troubles de l’humeur d’ailleurs : Amok et Berserk

En Scandinavie et Asie du Sud-est, il y a un mot pour décrire état de trouble psychiatrique qui se manifeste par une fureur soudaine. Comprise comme principalement une décompensation , il s’agit d’un accès de rage. Aussi cette dernière est violente et chaotique. Elle est une sorte d’explosion de colère non-prémédité. Puis elle s’éteint généralement dans une amnésie et un épuisement.

En Malaisie, on appel ceci « Amok » (signifie « rage incontrôlable »). Un autre mot est utilisé en Scandinavie: le « Berserk ». C’est un mot plus évocateur dans nos cultures avec le « Berserker » qui a fait la réputation des Vikings.

 

 

La première impression…

Voilà une étude qui devrait faire réfléchir dans les cabinets de recrutement et les tests de recrutement : La première impression est souvent la mauvaise !

Plusieurs facteurs apparaissent comme décisifs , au quotidien quand on rencontre pour la première fois une personne, mais aussi dans un entretien d’embauche :

1 – Se détendre en tant que recruteur

votre humeur juste avant la rencontre : L’étude montre et démontre très clairement par le biais d’un simple amorçage sémantique sur des mots soit à connotation positive, soit négative que appréciation de la nouvelle personne est biaisée. Mauvaise humeur = mauvaise 1ere impression.

  1.  2 – Standardiser

C’est fou, mais l’ordre des adjectifs qualifiant ou présentant une personne (sur un CV par exemple) a une incidence réelle sur la perception et la représentation de cette dernière. Autrement dit, changer l’ordre des éléments de présentation et la perception de sa personnalité sera différente !

C’est fou…

La solution : au moins dix minutes avant de prononcer un avis, une évaluation, le temps d’estomper l’influence de ces processus.

Méfiez-vous de vos premières impressions, elles viennent de vous …

 

Etude : A.Todorov – Face Value : The irresistible influence of first impression  – 2017
A.DEmarais & V.White – First impressions : what you don’t know about how others see you – 2005

Quel éléphant êtes-vous ?

Voilà une étude comme je les aime : différente et pleine de surprises.

On parle de psychologie animale et de cette idée que les animaux aient une personnalité, modélisable, ou tout du moins intelligible.

Pourquoi les éléphants ? Parce qu’un éléphant, ça vit vieux (80 ans), c’est sociable et ça a des capacités cognitives non négligeables.

L’étude que MartinW. Seltmann, Samuli Helle, Mark J. Adams,KhyneUMar et  Mirkka Lahdenperä ont mené est basée sur l’évaluation de 28 comportements sur 257 éléphants asiatiques en semi-captivité mais dans leur habitat naturel. L’évaluation a été réalisée pendant 2 ans (2015-2017) .

L’évaluation était faite par des cornacs (nom spécifique des personnes chargées de conduire et soigner un éléphant) avec des indicateurs du genre « L’éléphant bouge souvent, rapidement, reste peu de temps en place et souvent barrie (verbe barrir propre aux éléphants et à ma belle-mère) » , bref, il est actif ?

28 items qui une fois corrélés ont donné 3 types de personnalités cohérentes !
Attentiveness : La réponse attentive de l’éléphant à tout ce qui l’entoure.
Sociability : Interaction positive avec les autres
Agressiveness : L’agressivité, la domination.

Plus que cela, ce modèle n’est pas lié au sexe de l’animal, valide donc dans tous les cas.

Là où cela va devenir très intéressant, c’est que sur base de ce modèle il sera possible de mieux comprendre (detecter ?) des comportements ou pathologies dans les zoos…

Bref, une étude qui va servir longtemps de base à beaucoup d’autres tout aussi riches !

 

Etude : Evaluating the personality structure of semi-captive Asian elephants living in their natural habitat – Royal Society Open Science – 2017

Personnalité égocentrique ?

Il y a des personnes qui ont tendance à tout centrer sur elle-même, à tout juger, à tout orienter en fonction d’elles, de leurs intérêts : Les égocentriques et cet aspect particulier de la personnalité de tout ramener à soi. Parler de soi plus que de raison ne peut pas être un diagnostic psychologique, mais peut être le signe de détresse de la part de personnes sujettes à des émotions négatives.

C’est le résultat de l’étude de A.Tackman – Journal of Personality and social Psychology (mars 2018) où une corrélation apparaît entre les personnes dépressives, instables émotionnellement et le nombre de fois où ces mêmes personnes utilisent « je », « moi » et tous les pronoms possessifs (mon, ma, le mien etc.). Ce nombre de fois est clairement supérieur à la moyenne d’environ 30%…

Mais comme il semble que l’on dise en moyenne plus de 1000 fois par jour « je » , à défaut de compter il faudra se contenter d’écouter …

Une part de génétique dans l’empathie ?

Nous évaluons vos capacités empathiques dans notre test comme un aspect important de la personnalité humaine. L’empathie, c’est cette capacité à se représenter l’état émotionnel d’une autre personne, de lui attribuer une émotion et ainsi de comprendre ce qu’elle ressent.

L’équipe de V.Warrier a publié dans le journal Translational Pyschiatry (mars 2018) les résultats de leur étude : ils ont estimé par un questionnaire les capacités empathiques de leur échantillon tout en prélevant leur salive. Cela les a menés à l’identification de 11 régions du génome humain lié à la capacité d’empathie. Certes il reste du chemin pour comprendre dans quelles mesures et quelles manières ces liens se font, mais déjà la compréhension de certaines pathologies comme la schizophrénie ou peut-être simplement le fait d’avoir une personnalité extravertie s’éclaire un peu plus.

La typologie des caractères humains selon Heymans

Dés la naissance du test, nous avions implémenté les 3 axes fondamentaux de la classification des caractères selon Heymans et Wiersma.

Il s’agit de :

  • activité (A) : énergie et importance de la réaction physique à un stimulus
  • émotivité (E) : intensité et fréquence de la réaction émotionnelle à un affect ou stimulus
  • « secondarité » (S): intensité des affects à long-terme.

Cela nous fait donc 18 ans de données sur cette classification des années 1920 qui inspira par la suite les fameux indicateurs de Myer-Briggs et une multitude de variantes.

Ce qui nous intéresse ici, et que nous n’avions jamais fait jusqu’alors, c’est de mettre  sur les fiches les résultats de cette classification avec un score global qui considère les résultats aux 3 axes :

  • passionné : E+ A+ S+
  • phlegmatique : E- A+ S+
  • colérique : E+ A+ S-
  • sanguin : E- A+ S-
  • sentimental : E+ A- S+
  • apathique : E- A- S+
  • nerveux : E+ A- S-
  • amorphe : E- A- S-

Bien évidemment, on reconnaît une classification en 8 types, ce qui est normal du fait que Heymans s’est beaucoup inspiré des travaux de Jung et Ernst Kretschmer.

Quoi qu’il en soit, faisons honneur à cette fondation de la caractérologie ! Vous pouvez à présent avoir votre résultat dans la partie « aide à l’interprétation » de votre fiche de personnalité , là où il y a toutes les classifications par types.

Nous regrettons pour ceux qui vont se trouver de type  « Amorphe » … dites-vous que c’est un langage de 1920 …