Caractère solitaire ? C’est peut-être dans les gènes

Se replier sur soi-même, fuir les relations sociales (hors COVID), ou se retrouver systématiquement isolé sans raison apparente, le tempérament solitaire est multi-facettes et souvent lié à la dépression.

Dans l’étude de Felix R.Day – Elucidating the genetic basis of social interaction and isolation (2018)   , c’est une base de données de 500 000 personnes qui a permis d’identifier des gènes associés soit à des caractères hyper-sociables, soit des gènes associés à des personnalités solitaires.

Puis, ils ont fait l’inverse: chercher les personnes qui expriment ces gènes et vérifier leur tempérament , ce qui fut exact dans 98% des cas.

Plus que cela, cela leur a aussi permis de découvrir une corrélation de la solitude avec les risques d’obésité et de dépression.

Quel éléphant êtes-vous ?

Voilà une étude comme je les aime : différente et pleine de surprises.

On parle de psychologie animale et de cette idée que les animaux aient une personnalité, modélisable, ou tout du moins intelligible.

Pourquoi les éléphants ? Parce qu’un éléphant, ça vit vieux (80 ans), c’est sociable et ça a des capacités cognitives non négligeables.

L’étude que MartinW. Seltmann, Samuli Helle, Mark J. Adams,KhyneUMar et  Mirkka Lahdenperä ont mené est basée sur l’évaluation de 28 comportements sur 257 éléphants asiatiques en semi-captivité mais dans leur habitat naturel. L’évaluation a été réalisée pendant 2 ans (2015-2017) .

L’évaluation était faite par des cornacs (nom spécifique des personnes chargées de conduire et soigner un éléphant) avec des indicateurs du genre « L’éléphant bouge souvent, rapidement, reste peu de temps en place et souvent barrie (verbe barrir propre aux éléphants et à ma belle-mère) » , bref, il est actif ?

28 items qui une fois corrélés ont donné 3 types de personnalités cohérentes !
Attentiveness : La réponse attentive de l’éléphant à tout ce qui l’entoure.
Sociability : Interaction positive avec les autres
Agressiveness : L’agressivité, la domination.

Plus que cela, ce modèle n’est pas lié au sexe de l’animal, valide donc dans tous les cas.

Là où cela va devenir très intéressant, c’est que sur base de ce modèle il sera possible de mieux comprendre (detecter ?) des comportements ou pathologies dans les zoos…

Bref, une étude qui va servir longtemps de base à beaucoup d’autres tout aussi riches !

 

Etude : Evaluating the personality structure of semi-captive Asian elephants living in their natural habitat – Royal Society Open Science – 2017

Personnalité égocentrique ?

Il y a des personnes qui ont tendance à tout centrer sur elle-même, à tout juger, à tout orienter en fonction d’elles, de leurs intérêts : Les égocentriques et cet aspect particulier de la personnalité de tout ramener à soi. Parler de soi plus que de raison ne peut pas être un diagnostic psychologique, mais peut être le signe de détresse de la part de personnes sujettes à des émotions négatives.

C’est le résultat de l’étude de A.Tackman – Journal of Personality and social Psychology (mars 2018) où une corrélation apparaît entre les personnes dépressives, instables émotionnellement et le nombre de fois où ces mêmes personnes utilisent « je », « moi » et tous les pronoms possessifs (mon, ma, le mien etc.). Ce nombre de fois est clairement supérieur à la moyenne d’environ 30%…

Mais comme il semble que l’on dise en moyenne plus de 1000 fois par jour « je » , à défaut de compter il faudra se contenter d’écouter …

Une part de génétique dans l’empathie ?

Nous évaluons vos capacités empathiques dans notre test comme un aspect important de la personnalité humaine. L’empathie, c’est cette capacité à se représenter l’état émotionnel d’une autre personne, de lui attribuer une émotion et ainsi de comprendre ce qu’elle ressent.

L’équipe de V.Warrier a publié dans le journal Translational Pyschiatry (mars 2018) les résultats de leur étude : ils ont estimé par un questionnaire les capacités empathiques de leur échantillon tout en prélevant leur salive. Cela les a menés à l’identification de 11 régions du génome humain lié à la capacité d’empathie. Certes il reste du chemin pour comprendre dans quelles mesures et quelles manières ces liens se font, mais déjà la compréhension de certaines pathologies comme la schizophrénie ou peut-être simplement le fait d’avoir une personnalité extravertie s’éclaire un peu plus.

Instabilité émotionnelle et déménagement

Les résultats d’une étude, publiés dans le numéro de Septembre 2008 de Psychological Science, suggèrent que les traits de personnalité déterminent non seulement où les gens déménagent, mais aussi comment ils se déplacent souvent et à quelle distance ils se déplacent. Les chercheurs ont constaté que les personnes ayant une personnalité très active ont tendance à migrer, indifféremment en milieu urbain ou rurale. Les gens qui sont très émotifs sont plus susceptibles de déménager fréquemment, mais ne migrent pas très loin et ne se déplacent pas très souvent. Gens émotifs ont tendance à migrer également aux deux emplacements urbains et ruraux. Les gens avec des personnalités très sociales sont plus enclins à quitter les zones rurales pour les zones urbaines et sont plus susceptibles de migrer sur de longues distances.

Source : Markus Jokela – On the Move: Personality influences migration patterns
https://www.psychologicalscience.org/media/releases/2008/jokela.cfm

Les femmes aiment les hommes qui prennent des risques

L’expérience faite par M.D.Baker et J.K.Maner a démontré une relation positive entre la motivation de l’accouplement et la prise de risque, mais seulement chez les hommes qui avaient été exposés à des images de femmes très attractifs. En outre, la prise de risque chez les hommes a été associé à une mémoire améliorée pour les visages féminins attractifs. Aucune relation entre la motivation de l’accouplement et la prise de risque a été observée chez les hommes exposés à des images de femmes sans attrait, ni une telle relation observée chez les femmes. Cette expérience fournit la preuve que les états psychologiques associés à l’accouplement peuvent favoriser la prise de risque, que ces effets sont spécifiques et sont sensibles au contexte situationnel.

Autrement dit, la motivation copulatoire enclenche chez les hommes des comportements de prise de risque uniquement en présence de femmes qu’ils estiment attirantes.

Les femmes, elles, reconnaissent ces comportements comme  la reconnaissance de la présence d’une très belle femme.

Source : Risk-taking as a situationally sensitive male mating strategy,  Michael D. Baker, Jon K. Maner. 2008