De l’importance du referentiel

Ref. Cerveau et psycho n°60.
Sur A.Humphreys et al. In journal of consumer research

L’etude porte sur les messages publicitaires des jeux d’argent en ligne. Plus exactement, comment en transformant le mot Gambling (parier) par Gaming (sens ludique) pour exactement le même contenu, le référentiel sémantique étant radicalement différent, les degrés de culpabilité et d’inquiétude le sont aussi.

Une fois de plus, chaque mot compte donc …

Un afflux soudain

Hier soir, 29 mai 2014, il y a eu un gros afflux de tests fait par des 16-25 ans.

Nous surveillons de près ce genre de pic et avons cherché l’origine. Assez rapidement nous avons identifié un article sur un forum de jeux vidéo.

Le message original est un jeune homme qui s’inquiétait d’avoir été positif sur le test de trace de troubles schizoïde. Finalement, il donne dans son billet l’adresse du site (ce qui explique le pic), et, une discussion s’engage avec d’autres jeunes personnes du forum en question.

La suite de l’échange se fait sur 3 pages et nous en retenons deux aspects intéressants:

  • Le premier est que le jeune homme décrit comment il voit régulièrement un psy professionnel, comment il sait qu’il a des réactions « étranges », comment ses parents s’inquiètent etc.
  • Le deuxième est que le discours des intervenants est de dire que « les tests de personnalité sur internet sont nuls » et amoindrir la pertinence (et donc l’inquiétude).

Et c’est là où nous sommes plutôt satisfait. En effet, nous avions hésité à mettre en place les tests de troubles et avions décidé que cela pouvait permettre un déclic. De toute évidence, c’est le cas et aux vues de la description du jeune homme, les résultats du test sont plutôt pertinents. Il est déjà dans un contexte de suivi, il sait qu’il a un problème, et pourtant, ce sont les résultats du test qui l’amène à en parler sur un forum !

Quant à l’image de « Les tests c’est nul », cela nous convient aussi parfaitement pour ce segment dans le sens où il est justement très important pour la « fraicheur » des réponses que ces dernières soient considérées comme dépourvues d’incidence.

Leader ou pas

Et voilà de quoi réfléchir…

Le facteur le plus corrélé, quelles que soient les méthodes de l’analyse factorielle, est un groupe de questions qui reflètent le leadership dans le sens « obéir/commander », comme les animaux.

Il est assez incroyable que l’analyse mathématique, hors théorie, nous sorte ce facteur comme étant le premier.

Une deuxième passe nous a permis de segmenter 4 variations/angles. Les résultats sont étonnants !

Nous avons mis en place cette dimension, que nous appelons « Alpha » et ces 4 variations. D’emblée, il y a d’énormes différences quand on sort les moyennes par CSP.

L’évident se vérifie en chiffres : Les CSP+ ont des moyennes largement supérieures au CSP- ,
Les hommes par rapport aux femmes, les 35-45 par rapport aux autres âges. etc.

De quoi faire de jolies publications.

Analyse factorielle

Après 14 ans d’accumulation de données, nous avons décidé d’épurer la base en enlevant tous les non-francophones, tous les résultats au temps impossible, etc.

Le résultat est une base de donnée propre et exploitable de plus de 650 000 observations.

La boite de pandore !

Nous commençons un long travail d’analyse de données avec cet angle particulier : Lancer des analyses factorielles géantes impliquant toutes les observations et toutes les questions…

Les résultats sont prometteurs.