A quoi ça sert un test de personnalité ?

Voilà une vraie question.

La réponse est simple : Ca dépend pour qui .

Conceptuellement

La volonté première d’un test de personnalité est de classifier rapidement une personne dans une typologie.

Autrement dit, imaginons un modèle théorique qui classe les humains selon 2 axes, cela fait 4 possibilités (2×2) , le test servant à définir rapidement dans quelle partie  se trouve le sujet.

Cela présuppose que les questions du test différencient parfaitement les axes.

Mais décrit ainsi, il s’agit plus d’un sondage que d’un test psychologique.

L’autre présupposé est que les axes ont des conséquences de prédictibilité. Autrement dit, que le fait d’être positif ou négatif sur un axe permet selon le modèle théorique de prédire des conséquences. (nous sommes toujours dans un cadre conceptuel abstrait)

Prédictibilité : La croisée des chemins

Savoir qu’une personne est de type A,B,C,ou Z n’a d’intérêt que si chacun des types a été validé comme ayant des conséquences sur autre chose. Aussi, l’information de connaître le type d’une personne est supposée permettre de prédire une ou des conséquences.

Autrement dit : Déterminisme !

Nous sommes au cœur d’un des aspects fondamentaux des tests psychologiques. C’est parce que le modèle théorique établit que le type A aura tel type de comportements malgré lui plutôt que le type Z que le test passe de l’état de simple sondage à celui de diagnostic.

Note: c’est par exemple ici une différence profonde entre le MBTI et la Socionique. Les 2 théories sont basées sur la typologie formulée par Jung, mais la Socionique a pour objectif  premier  non pas d’identifier les personnes, mais de prédire les relations entre les personnes identifiées.

L’objectif d’un test est donc de prédire. Pour prédire il faut avoir un modèle conditionnel : Si A alors B.

Appliqué à la psychologie humaine, cela pose un présupposé théorique simple : la personne humaine est soumise à des principes identifiables, qui la déterminent de façon durable. Bref, le choix du déterminisme présuppose qu’une personne humaine ne pourra pas faire un choix libre, c’est-à-dire dans un autre type que celui auquel elle a été identifiée. Pire que cela, théoriquement, une personne qui ferait un choix non-prévu dans sa classification deviendrait alors pathologique.

Une force irrépressible

Est-ce à dire que si nous faisons le choix de présupposer que la personne humaine est avant tout « libre », la modélisation de la psyché humaine devient inutile et vaine ?

Non, car un test psychologique a aussi et avant tout pour but d’être une aide au diagnostic, c’est-à-dire de repérer une pathologie, pathologie qui par définition est subie par le sujet. Les troubles de la personnalité humaine sont chaque jour un peu mieux identifiés dans leurs caractéristiques, dans leurs expressions symptomatiques et dans leurs conséquences.

Il est amusant à ce niveau de se souvenir du test de Voight-Kampff dans le film Blade Runner qui permet d’identifier le sujet comme « humain » ou « androïde ».

Sur un autre angle, nous pouvons aussi présupposer que si la personne humaine n’est ni totalement libre d’elle-même, ni totalement déterminée, alors considérons qu’elle est en devenir constant.

La question centrale du devenir

Nous y voilà. Dans le cadre de la psyché humaine, un test présuppose un déterminisme. Ce déterminisme est viable dans un contexte de détection de pathologies. Oui mais alors, qu’en est-il hors pathologies ?

La réponse est simple : les résultats d’un test prennent le statut de « photographie instantanée », cela présuppose systématiquement des contextes (période de l’année, conditions du test, humeur du jour etc.) et signifie aussi que les résultats du test seront différents dans des contextes différents.

Plus que cela, nous pouvons même avancer qu’un sujet (hors pathologie) sera différent entre Avant avoir lu les résultats de son test et Après les avoir lus.

Et c’est ainsi que se profile le Graal … cet espoir fou qui se fonde sur la négation du devenir.

Graal des tests de recrutement qui veulent permettre aux recruteurs de prédire les compétences effectives de leurs candidats.

Graal des tests d’amour qui veulent prédire le bon conjoint.

Graal des tests psy qui veulent prédire les bonnes façons d’être heureux et épanouis.

etc.

Conclusion

Nous avons répondu à une partie de la question : Ca servait/sert à prédire.

Il reste une différence importante que nous n’avons pas encore évoquée: Internet.

Internet a tout changé. Les tests ne sont plus de longs questionnaires que l’on oblige à faire à de pauvres sujets, ils le font eux-mêmes, pour eux-mêmes, facilement, et avec enthousiasme de surcroît ! (le monde devient fou ! 🙂 )

C’est une vraie réflexion qui peut commencer sur les tenants et aboutissants de ce nouveau service de photomaton de l’âme…

Avec en toile de fond un test simple réductible à une misérable question fondamentale :

Pensez-vous devenir ?
Ou sa variante : Pensez-vous que les autres deviennent ?

 

 

 

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